MESURES PRISES PAR LE CE DANS LE CADRE DE “L’AFFAIRE MAUDET”

LES POLICIERS ENTRE INQUIÉTUDES ET ESPOIRS

Auteur d’une crise sans précédent, Pierre MAUDET a fait beaucoup de mal. À Genève indubitablement. À toute la Suisse sans aucun doute. Mais avant tout, à la police, qu’il percevait de manière insensée comme une menace, ce pourquoi il a cherché à l’affaiblir pour mieux la contrôler à sa convenance. Ses attaques, combinées à une politique inepte qui a déjà montré ses limites, ont causé des dégâts considérables.

Récemment encore, le magistrat a démontré son mépris et a tenté de nuire à l’institution. En effet, quelques jours à peine avant le communiqué du Ministère Public, il a fait preuve d’une mauvaise foi crasse en cherchant à bafouer le protocole d’accord signé en décembre 2017 par les syndicats et le Conseil d’État.

Bien que choquante et offensante pour tous, l’affaire d’Abu-Dhabi aura eu le mérite d’ouvrir les yeux des citoyens, des médias et du politique, sur les méthodes de gouvernance du magistrat que nous dénoncions déjà depuis longtemps, et sur ses stratégies que sont le mensonge et la manœuvre machiavélique.

Le 13 septembre 2018, le Conseil d’Etat a annoncé qu’il retirait provisoirement à Pierre MAUDET la présidence, de même que la police et l’aéroport. Certes, ces mesures démontrent une volonté du Conseil d’Etat de chercher des solutions à une crise politico-institutionnelle inédite. Qu’il en soit remercié.

Mais ces mesures seront-elles de nature à apaiser les citoyens ? Le Conseil d’Etat pourra-t-il garantir un éloignement réel de Pierre MAUDET des affaires de police tel, que les policiers pourront désormais poursuivre leurs investigations en toute quiétude et efficacité, et qu’ils ne subiront plus jamais les assauts destructeurs du magistrat ?

Ces mesures permettront-elles d’oublier qu’au sein de ce Conseil d’Etat, siège toujours un magistrat qui a gravement fauté, qui a menti à tous de façon répétée, planifiée et concertée, piétinant ainsi les valeurs d’une République que l’institution se doit de défendre scrupuleusement et sans relâche – et qui de surcroît, pourrait être inculpé par le Ministère Public ? Permettra-t-on aux citoyens et à leur police de regagner cette impérieuse confiance en l’Etat, ébranlée par un homme ?

Le Conseil d’Etat démontrera-t-il sa volonté de prendre enfin le bon cap et de remettre l’institution policière sur de bons pieds ? Permettra-t-il aux citoyens de retrouver la police d’excellence qu’elle était avant Pierre MAUDET et à laquelle ils ont droit ?

« Un Mal pour un Bien », nous dit-on. Aujourd’hui, entre inquiétudes et espoirs, nous attendons avec prudence que le Conseil d’Etat nous rassure quant à ses intentions réelles, que nous espérons constructives, sincères et bienveillantes.

ALORS ? POST TENEBRAS LUX ?